Donc, cent jours passés, des centaines de milliers de gens dans les rues et beaucoup de bruit (auquel je participe en ce moment même). Mais alors là, il nous faudrait quelques petites règles de bienséance pour bien vivre à travers cette grève. En voici cinq.
1. It’s about 1625$, but it’s not just about THAT. Si tu veux encore me parler d’enfants-rois, de blocage de ponts et de certains principes de la CLASSE, moi je vais embarquer dans la Doloréane avec toi et te parler d’Arielle Grenier et de Line Beauchamp. Question de bien rester dans le passé, on pourra même parler de ça autour de nos deux bières quotidiennes bien flattes.
2. Ne parle pas des manifestations nocturnes si tu n’y a jamais été. Une manif de nuit c’est comme une mauvaise blague: fallait être là pour comprendre. Je sais que beaucoup de journalistes et chroniqueurs, certains de mes amis, en parlent en discréditant constamment les casseurs. Rendez-vous sur place s’il vous plait. Et pas besoin de porter un carré rouge ou un drapeau du Québec sur le dos: nos fonctions journalistiques nous permettent de nous déguiser, qui avec un appareil photos, qui avec un calepin, en observateurs neutres.Vos amis ne vous croiront pas vendus à la cause étudiante et vous pourrez être présent sans remords. Par exemple, Murphy Cooper et Simon Jodoin, entre autres, sont régulièrement sur le terrain. Lisez-les.
Attention: la police risque de vous traiter comme tous les autres manifestants, casseurs ou non.
3. Partage, mais avec modération. Je remercie mes amis facebook dont les convictions sont parfois plus fortes que les miennes. Ils me permettent d’avoir accès à des images et des articles super intéressants sur l’actualité. Le partage d’informations est un outil précieux en démocratie. Cependant, une vidéo de policiers qui s’assurent qu’il ne reste pas de vitre sur une façade de commerce vandalisée, ce n’est pas un scandale mettant en question la nature même du SPVM. La photo d’un dude avec des écouteurs pendant la manif ne le qualifie pas automatiquement comme agent perturbateur de la SPVM et une telle chasse aux sorcières n’est bénéfique pour personne en démocratie. Il y a déjà suffisamment d’aberrations pour ne pas en relayer et se discréditer au cas où elles ne soient pas vraies.
4. CUTV: Regarde ça. Tandis que le caméraman de Radio-Canada ne bouge pas lorsque les policiers s’avancent vers un manifestant derrière un camion, celui de CUTV se fait poivrer par la SPVM. Ça diversifie les points de vue.
5. Respect, man. J’ose croire que je suis suffisamment tolérant pour accepter une diversité de points de vue concernant ce qui se passe au Québec. Il y en a certains, comme Jérôme Lussier, qui défendront la loi 78 ou amoindriront ses effets négatifs. D’accord, parlons. Mais n’allons pas à l’insulte. À la recherche éhontée de l’éxecution de manifestants ou à la généralisation à outrance des officiers de la SPVM. Je suis certain que pour chaque arrestation musclée, il y a un policier crinqué qui a commencé à neutraliser un manifestant et deux autres qui sont obligés de le suivre parce qu’ils ne peuvent pas le laisser tout seul. Sur le terrain, nous on peut essayer de débattre, eux n’ont ni le temps, ni le droit. Cela n’excuse pas l’expérience qu’a vécu Gab Roy et nombreux de nos concitoyens. I’m just sayin’. Let’s respect each other.
Je suis, comme vous, perturbé par les événements, et je sais qu’on peut être emporté par l’émotion. Après ma soirée du 26 avril, je l’ai été, et je le suis encore souvent. Je sais aussi que vous avez tous déjà eu les réflexions que j’énumère ici. Mais j’avais besoin de parler. Alors j’espère avoir apporté une petite voix agréable au grand débat de société qui se passe en ce moment et qui nous concerne tous.
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Oui C’est une super bonne idée. Mais c vrai que les « casseurs » était des policiers il l’on avoué eu même, mais en disant que c’était pour de la surveillance ou quelque chose comme ça.
Mais c vrai que c’est le genre de mot d’ordre qui nous éviterait bien de la marde
Oh, je ne remets pas en question la présence d’agents provocateurs, je préfère tout simplement ne pas les identifier hâtivement sur Facebook. À la limite, il faudrait améliorer les techniques d’isolement pacifique de ces agents pour les empêcher de faire de la casse. Mais ce n’est pas facile, I know.