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Tout ce qui ne va pas avec « Monette pete sa coche sur la manif violente d’hier »

Parfois, il faut savoir mettre pause et se poser des questions. Voici tous les moments intellectuellement douteux du segment radio “Monette pète sa coche sur la manif violente d’hier”. Je décortique ses points de vues pour en déterminer tout ce qui ne marche pas.

 

00:00 “Nos espèces de débiles pis nos dangereux din rues là.”

Pas de problème pour moi ici. J’appelle ça un effet de style. Il établit le ton automatiquement, comme moi je pourrai dire qu’il y a eu 800 000 imbéciles en France qui ont manifesté contre le mariage pour tous. Bon, il y a des nuances à faire: ils n’aiment pas Hollande, ils sont fâchés…mais bon, langage coloré oblige, on parle de “nos espèces de débiles pis nos dangereux din rues”. Que l’animateur soit en désaccord avec les manifestants, c’est légitime.

 

00:12 (En parlant des journalistes) “Vous devriez vous garder une tite-gêne.”

On peut résumer l’appréciation envers le travail des journalistes de Monette par cette phrases concise: “Tasse-toi sti d’èpais…t’as couru après.” L’argument qui veut qu’on ne filme pas un policier sinon il nous pète la gueule, c’est un peu la même chose que dire “Elle avait juste pas à me répondre bêtement si elle ne voulait pas que je lui casse les dents.” Aussi, on a tendance à apprécier le travail d’un photo-journaliste lorsqu’il se place près de l’action. World Press Photo anyone? Bref, félicitons au contraire les journalistes qui témoignent de l’événement de près.

 

01:10 “On pitchait des balles de neige aux chevaux!”

Ici, Monette exprimera une compassion peu commune pour nos compagnons à quatre pattes. Il rappellera le tort causé à ces pauvres bêtes (acte répréhensible en soi, mais compassion mal placée à mon avis). Aussi, supposition personnelle, le gars n’est probablement pas végétarien.

 

01:35 “Les dangereux de l’ASSÉ pognés avec plein de groupes d’extrême gauche.”

Ici, à deux reprises, il fera des accusations d’association, qu’il n’expliquera jamais. Les liens entre organisations sont toujours importants à connaître, or, mis à part une mention préalable dans un segment d’émission qu’il faudrait trouver, on ne nomme jamais ici ces organisations dangereuses. Dommage.

 

À 02:30 Son erratum sur le reportage de Pascal Robina tient surtout à souligner que “on pitchait des roches, et on les pitchait aux chevaux!”

 

03:00 “Ça pitchait des balles de neige depuis le début.”

Ça, on l’aura compris.

 

03:54 Après avoir laissé presque une minute à un reportage d’une autre station: “Peux-tu l’expliquer comme du monde? Caline que vous êtes malhonnêtes.”

Pas mal sur que le segment que t’as joué, presque en boucle, à ta propre émission, était plutôt clair. “L’expliquer comme du monde” équivaut à être compris, ce que le vocabulaire du journaliste accomplissait. “L’expliquer comme je l’ai vécu” ressemble plutôt à la revendication de notre animateur.

 

04:04 “Payé avec mes taxes en plus.”

Inévitable.

 

04:10: “Pendant ce temps-là, le porte-parole de l’ASSÉ, Jérémie Bédard Vien, Vienne, Van, Volkswagen frappe une van”

Je considère personnellement que l’incapacité amusée de prononcer un nom de famille relève d’un racisme décomplexé et stupide.

 

04:50 “Je vous ai déjà fait les liens avec l’ASSÉ pis les groupes d’extrême go-gauches…ils veulent juste le bordel, le chaos.”

Ces liens qu’on ne saurait expliquer dans ce segment de radio.

 

05:48: “Il banalise le lancement de balles de neige à des chevaux”

Dans mon coeur à moi, cette phrase ira dans le panthéon des phrases magiques entourant la grève avec le fameux “Fuck y all” et le “Des astis de gratteux de guitares de carrés rouge”. Cette phrase est d’une beauté.

 

06:00 “On devrait l’arrêter”

Pour avoir fait quoi, au juste?

 

06:50 “On ne devrait même pas lui donner le droit de parler”

Voyez comment il a placé, tout bonnement comme ça, sous l’excuse de la frustration, un appel à la censure et à la capacité sociale de taire un individu, de le priver donc d’un droit fondamental. Un animateur de radio, un homme qui utilise donc librement les tribunes que nos institutions démocratiques permettent, appelle à la suspension de ces droits par simple désaccord. C’est drastique, et dangereux.

 

08:44 “Alors on a le droit? Oui. Bon, ah, ok. C’est rendu que c’est le porte-parole qui explique aux journalistes comment ça fonctionne!”

En fait à ce moment-ci je penche du coté de l’animateur. Le porte-parole de l’ASSÉ ne peut pas ne pas reconnaître qu’une manifestation est illégale. Elle peut être injustement illégale, illégale à cause d’un appareil politique anti-démocratique, mais officiellement, si elle est déclarée illégale, elle est illégale. Il ne s’agit pas de perception. Peut-être a-t-elle été déclarée illégale pour rien? Bref, bon point de rappeler qu’on ne peut pas accepter les propos des porte-paroles comme ça à la radio.

(NDR) Selon l’avocate Véronique Robert, une manifestation illégale ne le devient pas simplement parce que la police en décide ainsi.

 

10:00 “Derrière ça se cache le chaos.”

J’ai pensé au Joker de Nolan. Et à la page couverture du Journal de Montréal, le cauchemar recommence.

 

10:25 “La première chose qu’on t’enseigne, quand t’es un policier à cheval, c’est comment rentrer d’une poussette d’un enfant”

M. Monette utilise de sarcasme pour dire que si un policier n’a pas appris une pratique douteuse à l’école (on ne leur enseigne certainement pas de renverser des poussettes), ces gestes sont à peu près impossibles. La réalité serait donc exactement ce qu’on apprend à l’école. Un peu niais.

 

11:10 “ – Qui a été l’agresseur hier Carl? – C’est les étudiants. – Qui a été l’agresseur? -C’est les étudiants. »

Très théâtral.

 

11:50 – C’est rendu 1 million $ en dépenses de sécurité.

- C’est dégueulasse. On devrait tous les arrêter, un par un.

Ce passage est particulièrement délicieux. En apprenant les couts élevés pour la sécurité, M. Monette exprime son dégoût et propose qu’on arrête, un à un, les quelques milliers de manifestants d’hier, ou membres de l’ASSÉ (son sujet est flou), opération policière qui serait probablement assez coûteuse.

 

12:35 “Hey, va chier, va chier, viens m’chercher”

Bien que les insultes (gratuites ou non) envers les policiers soient déplorables (cela me met toujours mal à l’aise), il faut être un peu fleur de peau pour y trouver une justification de violence abusive. Disons que ça manifeste plus fort dans certains coins du monde, et que “Va chier” est quasiment un terme de politesse en France par rapport aux policiers.

 

12:48 C’est les gars en noir ça les black?

L’art de répondre à sa propre question.

 

13:00 Appel d’un auditeur qui dit qu’on devrait les criminaliser comme les motards. “Bin là c’est sur que des motards y en a qui tuent des gens et tout là.”

NUANCE EXTRÊME!

 

 

Lettre ouverte à nos politiciens

Cher politicien,

 

Je le sais, même si je n’en saisis pas l’ampleur, que la tâche est ingrate. Cela ne t’empêche pas de l’accomplir avec grâce.

Je vous implore, politiciens, de retrouver le calme, le temps de cette campagne électorale. Certes, vous vous affrontez publiquement pour un poste aux sièges limités, et il est fort possible que votre adversaire présente un mensonge, ou une insulte. Or, y répliquer dans la même veine ne fera qu’accentuer ce bruit déjà irritant qui inonde toutes nos plateformes.

Nous pouvons bien reprocher à notre Premier ministre un ton paternaliste, mais tant que tous ses prétendants agiront comme des enfants, on ne pourra pas blâmer une population lasse de choisir ce camp-là.

Car, je vous le rappellerai, il y a encore un potentiel de noblesse dans le rôle auquel vous aspirez. Il est encore possible pour vous d’être les humbles serviteurs du peuple, plutôt que les représentants humiliés d’entrepreneurs dans l’ombre. Il vous reste encore une infime parcelle de pouvoir, et dans ce pouvoir, la possibilité de rendre les choses meilleures.

Et dois-je vous rappeler que l’insulte, aussi habile soit-elle, ne contribue nullement au débat public. Vous êtes à l’avant-scène de notre réalité politique, vous êtes, même non-élus, nos représentants: portez-donc le chapeau dignement. Arrêtez de vous insulter. La possibilité que vous sortiez une réplique à faire pâlir Hemingway, ou Twain, est très mince. Et si je voulais voir des gens se battre et se détruire, j’irai voir des vidéos de Georges Saint-Pierre qui, en passant, accorde plus de respect à ses adversaires que la plupart d’entre vous.

Songez à ces principes parentaux qu’on apprend tout jeune: s’il t’insulte il est jaloux de toi. Si tu n’as rien de gentil à dire à une personne, ne le dis pas. Tourne ta langue dans ta bouche sept fois avant de parler.

Si je m’adonne à des leçons aussi moralisatrices et simplistes, c’est parce qu’on ne me donne pas l’impression que vous avez appris de ces vieilles leçons.

Et si je vous interpelle, en sachant très bien parler dans le vide, c’est que je crois encore en notre démocratie malade, affligée d’un corporatisme omniprésent, d’une ligne de parti castratrice et d’un cynisme populaire. Elle est fragile, notre démocratie, elle attend qu’on s’y attarde un peu, qu’on la soigne, et au lieu d’être les thérapeutes modernes et respectueux qu’il lui faut, vous agissez comme des médecins médiévaux qui la saignent.

Me voilà qui commence les insultes.

Je m’en excuse. Mais la prochaine fois que vous verrez une idiotie circuler (elles ne sont pas rares), demandez-vous, je vous l’implore, si votre intervention améliorera le décor politique actuel. La meilleure façon d’éloigner un troll, sur Internet, c’est de l’ignorer.

Nous avons jusqu’au 4 septembre avant de prendre une décision collective d’une grande importance. En tant que possibles représentants de vos circonscriptions respectives, je vous demande, avec toute la peine d’un admirateur de la démocratie effrayée par la tournure des événements, de vous comporter comme si vous étiez les meilleurs d’entre nous.

Je vous souhaite une bonne campagne,

 

Joseph Elfassi

Citoyen effaré